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Paul Arène : le poète sisteronais.

Paul Arène, ami de Frédéric Mistral et Alphonse Daudet, fut une grande figure de la littérature provençale. Né le 26 juin 1843 à Sisteron d'un père horloger et d'une mère modiste, il grandit entre son frère et sa sœur et suit sa scolarité au collège de Sisteron.

Baccalauréat en poche, il part pour Aix-en-Provence où il passe sa licence de philosophie. Devenu enseignant en 1866, il quitte la Provence pour Vanves, non loin de Paris, où il est nommé professeur. C'est là qu'il rencontrera Alphonse Daudet et que sa vie prendra un vrai tournant. A Paris, il compose une pièce de théâtre qui rencontre un vif succès : "Pierrot héritier". Il décide, fort de cette réussite, de se lancer dans la carrière littéraire et fait paraître dans les journaux de la capitale chroniques et contes. Avec Alphonse Daudet, il crée "Marie Gaston", un recueil composé ensemble et dont certains contes seront repris dans "Les lettre de mon moulin", comme "La chèvre de Monsieur Seguin".

Mais sa Provence lui manque et il s'échappe de la grisaille parisienne dès qu'il en a l'occasion. C'est lors d'une de ces escapades qu'il rencontre Frédéric Mistral, avec qui il nouera une amitié solide et échangera une correspondance fournie où l'on peut lire son attachement au pays.

Après un échec sentimental cuisant (on lui refuse la main de la jeune fille qu'il aime, Naïs Roumeux), il écrit son premier roman : "Jean des Figues", lors de l'été 1868 à Sisteron.

Après la guerre de 1870 pendant laquelle il devient capitaine de l'armée française, il rentre à Paris et écrit des pièces.

Mais la mort de sa mère le rappelle en Provence en 1872, année qui marquera la parution de son second roman, écrit à Antibes : "La chèvre d'or". En 1894, il publie "Domnine".

Mais il est ravagé et affaibli par la maladie, due à un goût un peu trop prononcé pour l'absinthe. Il meurt le 17 décembre 1896 à sa table dans sa chambre d'hôtel, où il n'achèvera jamais "Le monge des îles d'or", conte provençal.

Ses textes sont gorgés de soleil. Ses romans racontent une Provence forte et sauvage, celle où "le mistral [...] rend les chemins durs comme marbre, le ciel lisse comme un miroir". Si ses poèmes paraissent plus légers, ils le doivent au chant des cigales. Ils ne s'en déparent pas moins d'une espèce de fatalisme tout méridional :

"L'air est si chaud que la cigale,
La pauvre cigale frugale
Qui se régale de chansons,
Ne fait plus entendre les sons
De sa chansonnette inégale.
Et rêvant qu'elle agite encor'
Ses petits tambourins de fée,
Sur l'écorce des pins chauffée
Où pleure une résine d'or,
Ivre de soleil, elle dort."

"La cigale" fut composée pour Naïs Roumeux.


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