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C'est sans doute lors de la politique de déboisement lancée par Louis XIV que Naux fut fondé au début du XVII iéme. En 1698 le village comptait 81 chefs de famille représentant 400 habitants répartis dans 71 maisons, c'est dire qu'il se peupla très vite (chiffres extraits du livre de Philippe Nucho "Le Roman D'Entrepierres."
A cette époque, les activités principales de Naux étaient la culture du blé, de l'avoine et de la vigne ainsi que l'élevage. Le vin produit devait être faible en alcool, l'on imagine non sans peine sa qualité médiocre, étant donné l'altitude, l'ensoleillement des lieux et  ce malgré le microclimat. Au cours de cette même période s'est développée au village une autre activité économique : l'extraction de plomb des mines de Naux. A Naux, le plomb se trouve à l'état de sulfure ou galine qui forme des gisements importants de 10 cm à 1 mètre d'épaisseur. Les gisements renferment aussi de l'argent .
Ces mines seront exploitées jusqu'en 1793 puis de 1811 à 1821. En 1813, la mine occupait 18 mineurs et 12 laveuses. Elles furent notamment exploitées par la famille Gombert une des plus anciennes et des plus illustres familles provençales, dont un des leurs le Marquis de Gombert reste dans l'histoire pour avoir  remis les clefs de la ville de Sisteron à Napoléon. Une famille toujours très connue dans le région qui était encore il y a peu un industriel leader régional du yaourt .

Pendant deux siècles, Naux, village d'agriculteurs et de bergers survécut. Les conditions de vie à cette époque étaient dures dans les campagnes et une frange importante de la population vivait dans la pauvreté, il suffisait d'une mauvaise récolte due à un orage ou à la tempête, comme en 1782, pour que la famine s'installe. Heureusement leurs conditions de vie étaient adoucies par la grande générosité de la Marquise de Bronnés qui, à partir de 1779, multiplia les dons aux pauvres et malades. De 1747 à 1766, le village évolua sous la suzeraineté du Seigneur Roux François, puis en 1789 sous celle du seigneur Gaspard qui exploita les terres alentour pour cultiver  blé et avoine. On y pratiquait "l'affouagement," c'est-à-dire le droit donné aux habitants de prélever du bois dans la forêt, ce qui assurait également un déboisement rationnel et régulier. 

On peut lire dans la Description historique, géographique et topographique des villes et hameaux de Claude Achard (médecin de Marseille) en 1788 : 

"Le climat de Naux eft froit, le fal produit du blé et de l'avoine"

En fait, protégé par la barrière rocheuse, Naux bénéficie d'un microclimat qui facilite la culture de terres en amont du village.

C'est à la fin du XVIIIe siècle que Naux se vit pourvu d'une paroisse qui, plus encore qu'un accès au culte, représentait un véritable passage : de hameau, Naux devint village. 

Ces deux siècles furent assez paisible dans toute la Haute-Provence et il est de toute façon peu probable que Naux ait souffert des quelques conflits politiques qui ponctuèrent ces deux siècles de paix relative. Peut-être que les habitants entendirent les Austro-Sardes passer pour investir Castellane lors de la guerre de Succession d'Autriche (1745-1748), ou peut-être ont-ils eu quelques échos des opérations militaires de Louis XIV et Louis XV dans la vallée de l'Ubaye, mais rien n'est moins probable. 

En revanche, il est fort possible que le village ait été touché par la peste de 1720 qui ravagea la Haute-Provence, mais nous n'avons malheureusement aucune source permettant de tirer de telles conclusions. 

La Révolution n'eut que très peu de répercussions en Haute-Provence, qui ne connut pas la guillotine. Les Naux n'ont dû voir aucun changement radical, si ce n'est celui de son statut politique avec l'abolition des privilèges et le fait de récupérer, le 28 décembre 1791 dans le cadre de la dispersion des biens de l'église, un tableau pour sa Chapelle,  issu de la saisie du couvent des Capucins de Sisteron. L'arrivée de ce tableau en l'église des Naux a peut-être été l'événement important de ces années de révolution pour les habitant de ce petit village si  loin des bruits du monde.


Naux connut vraisemblablement le même essor que sa région dans les années 1830, et en particulier sous la Monarchie de Juillet qui fit bénéficier le pays de grands travaux de voirie. Mais cet essor ne devait pas durer et la régression de 1836 devait sonner le glas de Naux et l'entraîner dans une lente agonie. 

 


Histoire d'un village


La création des Naux au XVIIe

Les Naux au temps de leur gloire


L'abandon d'un village