Un architecte victime de l'envoûtement
des Naux
Nous ne fûmes pas les seuls à
tomber sous le charme des Naux. En 1972-73, un jeune
architecte cherchant un sujet de thèse, Jacques Karlin,
parcours les provinces françaises les plus reculées
afin de trouver LE hameau abandonné qui lui offrira non
seulement la matière de son étude mais en plus un émerveillement
particulier. Il foule alors tous les sentiers ou presque
des Pyrénées, des Cévennes, de Haute-Loire à la
recherche d'un village abandonné ayant un minimum de
viabilité (eau et électricité).
De déceptions en difficulté, il
arrive dans les Alpes de Haute-Provence, chemin qui
allait le mener aux Naux. Voici le récit qu'il fit de
son arrivée dans la région et de sa découverte de
notre petit village :

"Poursuivant mon chemin, je découvris
les Alpes de Haute-Provence et surtout la région de
Sisteron. Un sentiment de bien-être s'établit tout de
suite [...] Mon arrivée au village fut assez
hasardeuse, car la route menant au village est très
mauvaise ; ce petit chemin, c'était déjà le charme
des Naux. A peine arrivé à pied au village, je fus
tout de suite séduit par la situation exceptionnelle du
hameau protégé au nord par une barrière rocheuse et
dominant, au sud, une vaste vallée. [...] L'impression
qui se dégageait après cette première visite était
que dans le village de Naux on respirait à grands
poumons et que l'on découvrait, sous tous les angles,
un paysage varié et féerique.[...] Ayant comparé
et examiné les situations des différents villages que
j'avais visités, après avoir parcouru plus de 10 000
km en trois semaines, je décidai de choisir les
Naux"
C'est ainsi le village fut choisi
pour faire l'objet d'une thèse d'architecture dirigée
par J. Bosson.
Et Jacques Karlin de conclure :
"La situation, la diversité de
ses bâtiments et l'écologie générale que l'on
percevait, dans un premier temps, qui nous absorbent et
deviennent passionnantes lorsque l'on découvre toutes
ces richesses, m'ont fait choisir ce hameau, qui m'a séduit
jusqu'au retour à mon véhicule, car mon chemin fut
animé constamment par des sons variés et très
musicaux, tels que le bruit des sources d'eau et des
petits ruisseaux, le bourdonnement des insectes et tout
un monde magique qui entourait ce village, atmosphère
que je n'avais ressentie nulle part ailleurs."
Que dire de plus? Que pouvons-nous ajouter
à cette introduction de thèse, qui peut sembler parfois
frôler le dépliant touristique alors que cela n'est
autre que la déclaration d'amour d'un architecte pour
un site envoûtant?
En tant que propriétaire du village,
j'ai même été convié à faire partie du jury de
soutenance de cette thèse. Voir mon village faire
l'objet de 300 pages d'étude ne pouvait que me rendre
clément envers cet étudiant assidu et particulièrement
doué !
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